Scène 1
Il se réveilla en sursaut, nous étions un an plus tard. Cela faisait deux semaines qu'il faisait ce même cauchemar chaque soir. Il allait à la morgue pour identifier un cadavre, un interne enlevait le drap et Matteo vit Lucy, morte. Au moment où il se mit à toucher la marque d'étranglement, elle se réveilla, le prit par le bras et lui dit :
- « C'est à cause de toi ! »
Et à ce moment, il se réveilla à son tour. Heureusement pour lui, il suffisait de regarder à ses cotés et de voir que Lucas était là, endormi, le visage doux, pour se sentir mieux. Il se leva discrètement pour pouvoir aller travailler. Matteo travaillait désormais dans la bibliothèque du quartier. Il aurait pu vivre des économies de Lucas mais il voulait faire les siennes. Chaque semaine, le lundi, il organisait un débat politique autours d'un thème précis. Cette vie lui plaisait. L'air californien lui faisait du bien. Ce n'était pas le cas de Lucas. Il était restreint de ne pas trop faire parler de lui. Cependant aujourd'hui il était décidé à aller de l'avant. Il se réveilla à son tour, Matteo était déjà parti depuis 5 bonnes heures. Comme à son habitude, il se servit une tasse de café auquel il ajouta sa dose de whisky. Une fois bu, il alla prendre sa douche. La douche finie, il ouvrit une bouteille de vin et s'installa devant la télé. Il buvait la bouteille au goulot puis s'assoupie. Voilà une journée type de la vie de Lucas.
Matteo venait de finir sa journée, encore une fois le débat fut intense, le thème, l'homosexualité. Il y avait durant les séances, une quinzaine d'habitué. Les équipes étaient bien assez réparties entre démocrates et républicains. Mais une personne se démarquait des autres chez les républicains. Il s'appelait Gale. Il prenait la parole avec aisance et possédait des arguments fondés. A chaque fin de séance, Gale restait avec Matteo pour continuer le débat entre eux.
- « Le fait est que je ne remet pas en cause l'homosexualité mais tout à l'heure quand on a abordé l'homoparentalité, je pense effectivement qu'un enfant doit recevoir les valeurs d'une femme et d'une homme.
- Dans ce cas là, si il était élevé par deux couples homosexuels homme et femme, ça ne te dérangerait pas ?
- Et bien... non.
- D'accord mais si tu veux qu'un enfant obtienne valeur de femme et homme, doit-on le retirer à un homme veuf ? »
Matteo ferma à clef la bibliothèque et quitta Gale en prenant à gauche.
- « Matteo ! »
Gale courait derrière lui.
- « Oui ?
- J'ai oublié de te dire mais je nous ai pris deux places pour assister au dernier débat des deux candidats à la présidentielle.
- C'est génial ! Mais c'est à New York et tu sais bien que Lucas m'attend à la maison.
- Il t'attend avec une bouteille ? Je te file le billet, le vol est à 10h demain. »
Matteo arriva chez lui. Lucas se réveilla et se dirigea vers lui et dit :
- « Ah te voilà ! J'ai envie de toi.
- C'est toi ou l'alcool qui parle ?
- Tu ne vas pas recommencer !
- J'en ai marre, marre que tu sois déprimé, marre que tu boives en permanence.
- C'est le seul moyen de faire passer le temps.
- Non ce n'est pas le seul moyen, tu pourrai sortit, te trouver un petit boulot, personne ne te reconnaîtra ici.
- Desfois je me demande pourquoi je t'ai écouté, j'aurai pu survivre à New York.
- C'est donc ça... Tu m'en veux ? Eh bien je vais te laisser respirer un peu, je pars à New York pour la semaine pour assister au débat.
- Comment oses-tu ? J'ai arrêté la politique, je suis cloîtré ici à cause des problèmes causé à New York.
- Mais je ne t'ai rien demandé !
- Pas directement certes, mais tu m'as convaincu, pour au final, me délaissé. Ça fait 7 mois que tu rentres tard, que tu traînes avec ce putain de républicain.
- T'es jaloux de Gale ? Loin de pouvoir être intéressé par moi. Tu veux savoir où on traîne ? En boite hétéro et il est du genre à se taper une fille par soir donc pas besoin de jalousie.
- Raison de plus ! Comment peux-tu traîner avec lui ?
- Sa personnalité ne dépend pas de ses du soir.
- Mais bien sur ! Allez, va à New York, amuses toi bien.
- Je m'en vais même sur le champ.
- Et tu vas coucher où ?
- A ton avis !
- Si tu pars maintenant, ne reviens plus ici ! »
Matteo prit un sac, le remplit d'affaire et partit en claquant la porte. Il pleura tout en attendant un taxi. Vingt minutes plus tard, il toqua à une porte. Gale ouvrit.
- « Qu'est ce qui se passe ?
- Je viens demain, je peux passez la nuit ici ?
- Bien sur ! Fais comme chez toi, j'arrive dans deux minutes. »
Gale se dirigea vers sa salle de bain.
- « Allo, il revient à New York.
- Lequel ?
- Matteo.
- C'est bien, merci beaucoup.
- De rien, c'est un plaisir d'aider ma petite s½ur. »



